Un nouvel album de Jean Pleyers
Le nouvel album de Jean Pleyers, vient de sortir aux éditions Images Innées.
Salt est une série contemporaine se déroulant au Mexique, abordant le sujet très délicat des crânes de cristals . Pour plus d'infos, je vous renvoie à l'interview que nous avions réalisée en 2007.
Pour des renseignements sur l'album, cliquer ici

"Pour les lecteurs belges, suisses intéressés, et dont les pays n'utilisent plus le chèque depuis quelques années, nous donnerons prochainement les modalités pour régler soit par virement soit paypal, puisque certains nous ...en ont fait la demande. Ainsi que le système de réservation pour le tirage ultra limité à 50 exemplaires de la version noir et blanc accompagnée de 2 tirés à part différents de la version couleur et toujours signé par l'auteur." m'informe François Têtevide, l'éditeur.
Prochainement...
Jean Pleyers répondra à mes questions sur L'ombre des Cathares et sur le prochain Jhen, DRACULEA ! L'interview sera illustrée de documents inédits!
C'est ce samedi qu'aura lieu la vente B.D Coutau-Begarie, à l'hôtel Drouot , à Paris. Organisée par Christophe Fumeux et François Dougier, j'aurai le plaisir de présenter les lots le samedi.
Ne manquez pas l'expo le vendredi, et si vous êtes dans le coin, venez nous saluer!!
Le site de Jean Pleyers
Bonne nouvelle pour les nombreux admirateurs de Pleyers!
Le dessinateur a mis son site à jour avec , à la rubrique "actualités", des planches inédites de "L'ombre des Cathares".Le dessin et les couleurs sont magnifiques! Jean Pleyers propose également la publication d'une nouvelle série, Jing, avec chaque semaine, une nouvelle page.
Par ailleurs, Univers Alix et Alix Mag' vont créer l'évenement autour de Jean Pleyers. Une interview sur sa carrière sera publiée sur Univers Alix, et sur Alix Mag', Jean Pleyers nous parlera de L'ombre des Cathares et peut-être aussi un peu du prochain Jhen: "Draculea".
La cathédrale d'Albi.
Les voeux de Jean Pleyers
Jean Pleyers nous envoie ses voeux, quelque peu pessimistes sur l'état du monde, le tout illustré de dessins !
Jean Pleyers a écrit, dans les années 70 un récit de bande dessinée de science-fiction, "Les Etres de lumière", publié dans Métal Hurlant, à propos duquel Moebius écrivait:"...Les êtres de Lumière , qui, à l'époque m'avait beaucoup frappé pour plusieurs raisons: pour bien sur, ses qualités intrinsèque , d'étrangeté et presque de folie , comment pourrais-je dire, la folie raisonnable, la folie de celui qui agit sans tenir compte des convenances, mais qui d'une manière assurée va jusqu'au bout de son expression, et sème sa graine sans savoir si elle fleurira".
Jean Pleyers:"Plus que jamais en cette fin d'année 2010, terrible pour un grand nombre de nos congénères, il nous faut souhaiter la paix de l'âme de l'esprit et du corps mais, que faire pour ceux qui n'auront toujours pas ni toit ni soupe ?
Certains sages prônent la révolution intérieure plutôt que l'autre, celle qui casse et qui tue, l'extérieure celle-là !
Certains généraux d'antan auraient dit ; on ne fait pas d'omelettes sans casser les oeufs . Fort bien, mais des centaines de millions d'humains terriens sont morts pour des promesses d'un futur meilleur que leurs malheureux héritiers attendent toujours ...
Aujourd'hui, chaque jour amène sa nouvelle catastrophe apocalyptique toujours plus surprenante que celle d'hier et de plus en plus grandiose.
Par exemple, ne voilà-t-il pas qu'un fou d'un genre nouveau venu d'Australie, se permet par la toute puissance du net, d'inonder le monde de renseignements secrets sur la protection militaire la plus élémentaire de nos propres démocraties sans écorner le moins du monde aucune dictature affichée en place ...
Courageux mais pas téméraire !
Un autre fou du foot, celui-là, se permet de nous conseiller de vider nos comptes bancaires ! A-t -il compris que sans argent liquide, en trois jours, tous les magasins se videraient de leurs denrées de première nécessité et que, rien ne poussant sur l'asphalte, des hordes d'affamés se rueraient pour mettre nos campagnes à feu et à sang après avoir trucidé les citadins ? Ces comportements irresponsables me rappellent celui d'un grand nombre d' " artistes " modernes,narcissiques et provocateurs qui, eux aussi crachent sur beauté, politesse, compassion, vérité, gentillesse et Art Sacré ... Sacrée planète ! Sacrés humains qui ignorent les grands périls extérieurs qui les guettent depuis que la bombe A a alerté le cosmos, attirant par ici de bien plus dangereux prédateurs que nous. Ceux-là, juste retour des choses, pourront bientôt trouver dans les containers de leurs rayons alimentaires de délicieuses saucisses de pâté ... humain.
Mais si ces prédateurs auxquels nous avons grandement préparé le terrain ne réussisent pas à capturer notre âme, notre corps quantique, holistique, non localisable, hors espace/ temps, éternel et infini, alors nous n'aurons rien perdu.
Mes bien chères soeurs et frères, bonne année 2011 !
Jean."
Paul Cuvelier, entre Michel-Ange et Léonard de Vinci
Paul Cuvelier par Jean PLEYERS
En 1967, Jacques Martin proposa à Paul Cuvelier deux scénarios: un épisode de Corentin, Ramin le Sauvage ou L'anneau de Rajah et Xan Marco, un jeune Florentin qui fréquente Léonard de Vinci et s'oppose à César Borgia:L'or d'Astragor. Jamais ces projets ne virent jamais le jour...
Quelques temps plus tard, Paul Cuvelier engagea un jeune dessinateur qui devint son assistant: Jean Pleyers.
Peu de temps avant sa mort, Paul Cuvelier conseilla à Jean Pleyers d'aller trouver Jacques Martin. Celui-ci lui se souvint d'un vieux projet, qui avait hanté sa jeunesse: Gilles de Rais.Ensemble, ils créérent Xan, qui devint Jhen.
Cuvelier fût une rencontre très importante dans la vie de Jean Pleyers. Paul Cuvelier devient l'abbé Judicaël dans le tome 3 de Giovani, La forteresse. Mais surtout,Pleyers s'inspira des traits du Chevalier Ardan des sables, un croisé nommé Flamme d'Argent, pour créer Xan. Flamme d'Argent fût publiée dans le journal Tintin, en 1960, sur un scénario de Greg. Un bel hommage de Jean à Paul!
A ce propos, Jean Pleyers nous explique: "Pour dessiner mes personnages b.d., je m'inspire toujours, fut-ce pour le dernier des figurants, d'une dizaines de personnes réelles, connues le plus souvent ou appartenant à l' Histoire.
Mais pour Xan/ Jhen, je n'ai pensé à personne et suis tombé, à cause du poids de l'inconscient infini, sur moi-même à 25 ans avec la coiffure de Flamme d'argent que je portais alors ..."
Jean Pleyers nous parle de sa rencontre avec le père de Corentin.
L'abbé Judicaël, dans Giovanni
"C'était en 1968, j'avais 25 ans et sans doute, beaucoup de passion. Je revenais d'une expédition transsaharienne de 6 mois et rentrais à Bruxelles où je survivais de figurations d'opéra, t.v. , cinéma et dessins de pub alimentaires. Auparavant, et après mon service militaire belge dans les paras, j'assistais Gérald Forton, le petit-fils du créateur des Pieds Nickelés et avais repassé à l'encre 5 épisodes de son cow-boy Teddy Ted paraissant dans Pif . Ainsi donc, 5 ans plus tard, je recherchais, suivant conseil des maîtres en la matière, un nouveau professionnel confirmé à assister. Suite à un coup de fil à Paul Cuvelier, le prestigieux dessinateur de Corentin & Kim accepta de me recevoir, mais je ne m'attendais pas à rencontrer un dessinateur encore plus doué que Michel-Ange et Léonard de Vinci réunis ...
Détail 2 strips de Corentin: L'ogre rouge, sur un scénario de Jacques Martin. Cette aventure deviendra une aventure d'Alix Les proies du volcan.
En effet, comment expliquer la perfection anatomique des tigres bondissants dessinés de mémoire à 17 ans par ce mystérieux et génial Cuvelier sans documents et sans culture particulière ?
Paul avait bien plusieurs frères médecins ayant sûrement étudié l'anatomie pendant leurs études, mais humaine, point celle des tigres ...Et quand bien même cet atavisme sévirait, ne s'agirait-t-il pas plutôt d'un acquis culturel dû à l'expérience de vies antérieures ? Seul, dans l'immense désert saharien, j'avais moi-même expérimenté en cette ascèse forcée, et après d'inévitables et bienvenues méditations en ces terres pures et vierges de toute émanation humaine, l'irruption de pouvoirs paranormaux de dilatation de conscience me rappelant de plus en plus fréquemment des réminescences de fragments de vies antérieures. Par exemple, plusieurs vies simultanées de peintres flamands et italiens de la Renaissance.
Ce phénomène expliquera peut-être aussi l'étrange talent de celui que, grâce à Cuvelier, je rencontrerai après lui et qui sera mon troisième maître, le fantôme des Imhoteb, Alexandre et autres César ; Jacques Martin, tellement hanté par les cités antiques, Rome, Memphis, Athènes ..., donc, Cuvelier m'engagea pour lettrer un épisode de Line scénarisé par Greg. Je ne gagnais pas un radis mais j'avais pris conscience des immenses progrès à accomplir, en perspective notemment mais, la sentant naturellement, ce problème très important fut réglé en un jour.
Flamme d'Argent, l'evident ancêtre de Jhen...
...et de Jean Pleyers! A 25 ans, Jean portait cette coiffure.
Il coiffe Jhen de son chapeau plumé à partir de Jehanne de France.
Paul avait loué rue Zinner, près de l'avenue de la Toison d'Or, sur les hauteurs de Bruxelles, un étage d'une ancienne ambassade des Etats-Unis. Hauts plafonds, grande lumière, plancher en bois ; l'idéal pour peindre, le rêve de Paul tout comme celui de nombreux collègues de l'époque. A l'étage en dessous habitait un autre artiste, sculpteur et Montois d'origine comme lui, un certain Arvent.
De sa belle voix grave aux intonations désabusées et dramatiques, Paul l'imprécateur fustigeait très durement le monde entier y compris celui de la b.d. Les cases des planches étaient bien trop petites pour exprimer quoi que ce soit, disait-il. Néamoins il reconnaissait absolument l'extraordinaire génie d'Hergé que tout jeune, il était allé voir pour lui demander conseil. Après quelques minutes d'une observation attentive des dessins de Paul, Hergé lui dit : - Mais, monsieur, c'est moi qui devrais vous demander conseil ! ...
Aujourd'hui, la motivation des dessinateurs récents ne me semble plus être à la hauteur de celle des plus grands auteurs d'après-guerre. La même chose semble être arrivée aussi au cinéma. Serait-ce à cause du formidable appel d'air créé juste après la dernière guerre mondiale avec l'énorme espoir de la libération ?
Quoiqu'il en soit, Hergé, Jacobs, Cuvelier, le grand Franquin et Gillain de l'école de Marcinelle ainsi que Martin, tous crayonnaient 20 ou 30 fois leurs personnages avec moultes réflexions avant de les repasser à l'encre de Chine. Curieusement, mes Anges Gardiens n'ont jamais voulu que je rencontre Hergé ni Jacques Martin du vivant de Cuvelier.
Exténué physiquement par ses excès épicuriens, Paul disparut de ce monde en 1977 sans avoir vu paraître le Premier Xan, futur Jhen dans Tintin en 1978. C'était le fruit des extraordinaires progrès qu'il m'avait permis d'accomplir en attendant que, sous sa vive instigation je n'aille renconter mon dernier maître Jacques ..."
JEAN PLEYERS, le 31 août 2010.
Etude au crayon sur le thème de la sensualité, 1955
Découpage de Xan Marco (1967) de Jacques Martin pour Cuvelier.
Voici se qu'écrivait Paul Cuvelier , dans ses notes, en 1969, à propos de Jacques Martin:
"Martin est un garçon dont la seul présence me réconforte, dont les discours me rassurent ou me détendent. Je l'aime bien, simplement parce qu'il a toujours été chouette avec moi. J'ai assez confiance qu'il me pondra un scénario convenable. mais il ne soupçonnera pas combien je le maltraiterai intérieurement lorsque je me serai mis à dessiner d'après son texte".
Pour plus d'infos, je vous conseille "Corentin et les chemins du merveilleux" , un livre écrit par Philippe Goddin paru aux éditions du Lombard, dont sont tirés les dessins de Cuvelier et quelques citations, ainsi que l'interview vidéo que Jacques Martin donna à Christophe Fumeux, Paul Cuvelier, un artiste libre.
















