25 octobre 2010

Le mystère de la rose noire...

Sur le quatrième plat de couverture du nouvel Alix, on voit une rose noire. C'est évidemment un hommage qu'ont voulu rendre Bruno et Frédérique Martin, à leur père, Jacques Martin.

L'idée de la rose vient de Bruno Martin. Son père lui avait raconté que lors du décès d'un des fondateur de la marque Rolls-Royce, le logo sur fond rouge était devenu noir. Il faut croire que cette histoire avait marqué Bruno Martin! C'est en effet un très bel et émouvant hommage!

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02 juin 2010

En visitant Venise...

De retour de son voyage de noces dans la ville eternelle, César a mis en ligne un reportage très amusant. ll a en effet photographié des vues de Venise, dessinées par Jacques Martin, Jean Pleyers ou André Juillard .

Son reportage se trouve ici

cesar

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22 février 2010

L'hommage de Jérôme Mondoloni

Jérôme Mondoloni a réalisé Bonaparte, la campagne d'Egypte dans la  collection Jacques Martin présente...

Voici une très belle lettre de Jérôme, reçue par la famille de Jacques Martin.

La lettre de Mondoloni est suivie d'une photographie de Jean-François Tymen, grand collectionneur d'Alix, représentant une partie de sa collection.

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Un autre hommage: celui d'un grand lecteur et collectionneur d'Alix, JFTY, qui n'a jamais eu la chance de  rencontrer Jacques Martin. On reconnait les superbes travaux de Christian Merland  (les bustes d'Alix et Enak, la Griffe noire et Alix Gladiateur) et Alix et Enak Chez Leblon-Delienne, ainsi que quelques éditions originales.

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13 février 2010

Les discours lus lors des obsèques de Jacques Martin

Nous vous proposons aujourd'hui les textes prononcés lors  de la messe d’enterrement de JACQUES MARTIN, le samedi 30 janvier 2010, en l’église Notre-Dame du Bon Secours à Céroux-Mousty (Belgique). Les textes sont illustrés par de nombreux  dessins rares de Jacques Martin.

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Bernard Marsaglia a lu le premier discours. Il l'a écrit au noms des enfants d'Alix. Bernard est un grand admirateur de l'oeuvre de Jacques Martin. Avec le temps , il est devenu ami avec le Maître. Il a organisé en 2008, les rencontres Jacques Martin à Versailles, où l'on fêtait les 60 ans d'Alix.

" Monsieur Martin, depuis que vous nous avez quittés jeudi 21 janvier, les Enfants d’Alix se sentent orphelins. De plusieurs nationalités (belge, espagnole, française, portugaise, suisse, entre autres), ce groupe, d’une trentaine de personnes, a eu le privilège de vous rencontrer dans les différents festivals de bandes dessinées où vous vous rendiez pour des dédicaces, des rencontres ou pour y être honoré, mais aussi de vous rendre visite de nombreuses fois à Bousval.

Là, vous nous avez toujours accueillis bien simplement, en toute amitié, et avec le sourire, malgré vos yeux fatigués. Nous avons eu la chance, ainsi, de vous rencontrer sur votre lieu de travail, pour échanger et vous permettre de répondre à nos questions – elles étaient nombreuses – et à nos attentes. Vous l’avez toujours fait avec bienveillance pour partager votre joie et vos soixante années de créativité au service de la bande dessinée, mais aussi vos difficultés.

Nous avons toujours trouvé auprès de vous écoute patiente et partage, même si, de temps en temps, vous vous mettiez en colère pour une raison que vous estimiez juste.

Nous avons apprécié  l’exigence et la rigueur qui vous habitaient, tant pour vous même personnellement que pour vos nombreux collaborateurs - scénaristes et dessinateurs - pour raconter l’Histoire, mais aussi nous conter de belles histoires. Vous nous avez fait rêver en nous conduisant à travers vos nombreux albums, en particulier dans les pays du bassin méditerranéen.

Vous aviez encore –  nous disiez-vous – beaucoup de scénarii dans les tiroirs de votre bureau pour constituer la trame de nombreux récits à venir. Mais le temps ne vous a pas permis de mener à bien ces nouvelles aventures et nous le regrettons vivement.

Vous avez accepté  de nous guider depuis quelques années à travers les localités et les régions où vous aviez conduit vos héros d’aventures et habité étant plus jeune.

Ainsi, vous avez pris la peine sur votre temps, pendant plusieurs week-ends d’automne,  de nous accompagner, malgré vos occupations professionnelles et l’état de votre santé :

- en 2006, au Haut Koenisbourg en Alsace, sur les traces de votre héros Lefranc,

- en 2007, en Alsace au Mont Sainte-Odile, pour les aventures du même personnage,

- en 2008, à  Versailles en région parisienne, pour accompagner votre héros Loïs,

- en 2009, à Bruges en Belgique, toujours au côté de Lefranc, mais là, à votre grand regret, vous n’avez pu vous joindre à nous, compte tenu de votre maladie.

Vous étiez à  nos côtés, heureux de pouvoir nous conter quelques histoires et anecdotes, ayant rythmé votre longue et passionnante vie de travail, au royaume de la bande dessinée. En tant que Maître incontesté de celle-ci, nous avons été privilégiés de pouvoir vous approcher et dialoguer avec vous en toute amitié. Nous vous en sommes infiniment reconnaissants.

Nous ajoutons nos remerciements plus spécialement à Madame Martin, votre épouse et à Frédérique, votre fille. Elles ont eu la gentillesse de nous accueillir chaleureusement à Bousval, à vos côtés.

Monsieur Martin, vous nous manquez déjà ! Maître, et néanmoins, ami, votre présence auprès de nous ne saurait s’éteindre maintenant, car, vous le savez bien, les nombreux Héros de Papier que vous avez créés ne meurent jamais. Ils ont marqué plusieurs générations de lecteurs et continueront à en marquer d’autres. Ils font partie du patrimoine et de la culture franco-belge. Soyez-en infiniment remercié. "

Paris, le 23 .01.2010

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Le second discours a été lu par Christian Merland, et co-écrit par Jean-Marc Milquet.

Christian Merland est célèbre dans l'univers Martinien, il réalise les statuettes tirées des aventures d'Alix. La griffe noire, les bustes d'Alix et Enak, Alix Gladiateur, Lefranc et Ohana (El Paradisio) c'est lui!

Jean-Marc Milquet est également  bien connu des lecteurs de Jacques Martin . Il a réalisé le blog d'Alix pendant plusieurs années et co-écrit le livre Alix, 60 ans de couverture. Il fût également le chauffeur personnel de Jacques Martin et de sa fille, lors des rencontres Martiniennes. Et là, il s'est régalé de nombreuses anecdoctes!

" Le talent seul ne suffit pas s’il ne s’accompagne pas de la passion du métier. Vous aviez tout cela Monsieur Martin, ce don pour ce merveilleux instrument de la communication.
Jusqu’à votre dernier souffle, cela aura été le moteur de votre formidable carrière. Cette énergie qui vous poussait à imaginer sans cesse d’autres scénarios pour vos héros, ou à débuter une nouvelle série à 81 ans. Cette passion qui vous amenait à aller à la rencontre de vos lecteurs, passant des heures sur un coin de table à discuter avec eux et à signer vos œuvres, même quand votre vue se dégradait, même quand votre santé commençait à vous lâcher. Vous auriez pu alors rester en retrait et profiter d’un peu de temps libre pour vous reposer en famille. Mais tous ceux qui vous connaissent savent que ce n’était pas le genre de la maison. Il vous fallait encore et toujours aller de l’avant, vous aimiez tant votre métier ainsi que vos lecteurs qui vous le rendait bien . Car pour celui qui qui découvre votre œuvre , il est émerveillé par les aventures de vos héros fidèle à vos valeurs. Vous avez marqué nos esprits par cette alchimie qui vous est propre, mélanger la réalité, votre vécu à l’histoire des hommes, toujours en quête de qualité aussi bien graphique que littéraire.

Cette passion vous aura habité jusqu’à votre dernier souffle : sur votre lit d’hôpital, au téléphone, vous demandiez ainsi notre avis sur le dernier Lefranc et évoquiez les albums à venir.
Ceux parmi vos admirateurs qui ont eu la chance de vous rencontrer auront pu apprécier votre disponibilité totale et votre gentillesse .On ne vous dérangeait jamais et les après-midis passés dans votre atelier, ou les week-ends organisés en votre compagnie sont autant de moments magiques qui resteront gravés en nous. Quel auteur de renom aurait accepté de consacrer autant de son temps à des lecteurs anonymes que nous étions? Avec votre statut de géant de la BD, vous l’avez fait, Monsieur Martin, en toute simplicité et en toute amitié.
Ces rendez-vous nous manqueront, comme nous manqueront votre enthousiasme, votre générosité et votre charisme.
Mais vous ne serez jamais loin, Monsieur Martin, grâce à vos enfants et à vos collaborateurs qui perpétuent votre œuvre nous rencontrerons encore souvent dans de prochaines aventures dont l’origine remonte à Jacques,… l’intrépide.

Vous saviez en effet que vos héros devaient vous survivre car ils appartiennent aussi un peu à vos lecteurs et c’est une ultime marque de respect que vous nous avez ainsi laissée en leur permettant de continuer à exister quand vous ne seriez plus.
Vous voici maintenant dans la lumière, cette lumière que vous évoquiez si souvent dans vos albums et nous vous imaginons dans, je vous cite, « une féerie de lumière qui se déchaîne, saluée par des milliers d’oiseaux qui chantent à l’infini ».

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Arnaud de La Croix a lu le dernier discours. Il est  éditeur  de l'Univers Martin chez Casterman, et est membre du comité Martin. Il est également historien, spécialiste du Moyen-âge.

"J’ai rencontré Jacques Martin pour la première fois il y a trente ans, au tout début des années 1980. Nous lancions avec quelques amis la nouvelle formule des « Cahiers de la bande dessinée », et il était venu là, c’était assez surprenant.
J’étais un peu intimidé, mais il était d’un abord simple, il ne faisait « pas de chichis » comme il aimait à le dire. Après dix minutes, il me racontait mille anecdotes sur son travail chez Hergé.

A cette époque-là, je n’imaginais pas une seconde que vingt ans plus tard, en 1999, j’allais me retrouver, avec l’assistance de mon ami Jimmy, éditeur de ses œuvres chez Casterman.
Ses albums m’avaient fait rêver enfant, et c’était le rêve qui s’accomplissait.
Ceci dit, il était d’une exigence terrible, et d’abord vis-à-vis de lui-même.
Mais le résultat est là : Martin a créé un genre, la bande dessinée historique rigoureusement documentée, et nombre de ses albums sont aujourd’hui des classiques.
J’ai aussi le souvenir de passionnantes conversations au sujet de l’histoire, un sujet où il brillait par l’étendue de ses connaissances et sa soif d’apprendre, jusqu’au bout.

Travailler dans l’ombre de Jacques Martin, ce fut une expérience difficile par instants, enrichissante toujours.

Nous avons tous couru sur les toits de Rome sous l’orage avec Alix, nous avons tous frémi avec Lefranc devant l’aplomb et le cynisme d’Axel Borg, comme nous avons chevauché en compagnie de Jhen dans la France de Jeanne d’Arc, et ce n’est pas fini, puisque Jacques Martin a voulu que ses personnages continuent de vivre après lui.

Pour tout ça, merci Jacques. Tu resteras quelqu’un d’inoubliable."

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Le même jour, à Angoulême, les festivaliers pouvaient voir ce panneau sur le fronton de la mairie d'Angoulême, où il était écrit:

Jacques Martin
1921-2010
Prix œuvre réaliste française 1978
(Le spectre de Carthage)

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(photo: Bruno Fermier)

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03 février 2010

L'hommage de Patrick Weber

Patrick Weber a écrit un bel hommage sur son site. Il a accepté que je le publie ici.

Et à titre personnel, j'aimerai que Patrick continue a travailler sur la geste Martinienne.

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C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de Jacques Martin. Comme beaucoup d'autres, j'ai eu la chance et l'honneur de travailler avec ce grand maître de la bande dessinée. Ma passion pour l'univers Martin ne date pas d'hier. J'ai appris à aimer la BD, l'histoire, l'archéologie et l'histoire de l'art à travers ses albums. C'est probablement son influence qui m'a donné envie de me lancer dans des études d'histoire de l'art, puis dans la bande dessinée. Quand Casterman m'a contacté pour travailler sur la geste martinienne, j'ai concrétisé un de mes plus beaux rêves. En quelques années, j'ai eu l'occasion de travailler sur plusieurs titres de Loïs (Le Code Noir, Monsieur Frère du Roi, L'Appolon de Sang), Lefranc (La Momie Bleue), Alix (L'Ibère, Le Démon du Pharos et La Cité Engloutie) sans oublier un superbe ouvrage d'entretien consacré à ses Dessins de Guerre. Chacune de nos rencontres dans son havre du Brabant Wallon a été un grand moment pour moi. C'était fascinant d'être face à un homme de son âge qui conservait, intacte, la même curiosité, la même envie de créer. Nous parlions pendant des heures et Jacques rebondissait d'une idée à l'autre. Des idées, il en avait des centaines pour de futurs albums, de nouvelles séries. Il fallait parfois bien s'accrocher pour le suivre! Bien sûr, tout n'a pas toujours été simple et chacun connaissait le fort caractère du maître. Mais cela faisait partie du personnage et, à titre personnel, je n'ai jamais eu à m'en plaindre. Travailler dans l'univers martinien m'a aussi permis de rencontrer d'excellents dessinateurs comme Francis Carin, Ferry, Olivier Pâques et Christophe Simon. À titre personnel, je suis particulièrement fier de certains travaux comme le dernier Loïs "Monsieur Frère du Roi" et aussi  Alix "Le Démon du Pharos". Je n'en suis pas fier d'un point personnel mais parce que j'ai le sentiment, qu'en effectuant mon travail de scénariste, j'ai marché dans les traces de Jacques. Je suis resté fidèle à l'histoire tout en racontant une histoire bien charpentée. La BD strictement didactique ne présente pas d'intérêt ... C'est la même chose pour les romans. Dumas, Hergé, Jacobs et Martin l'ont bien compris. Je me rappelle d'une de mes visites auprès de Jacques. Il était dans son bureau, plongé dans la pénombre et face au buste qui le représentait et qui lui avait été offert. Le maître face à son double sculpté, comme s'il était entré de son vivant dans la légende de la BD. Je n'oublierai jamais cette image. J'ignore ce qu'il adviendra de son oeuvre ni si j'aurai encore l'occasion d'y participer mais je tiens à remercier Jacques qui a d'ores et déjà rejoint le panthéon des grands créateurs. Merci de m'avoir fait rêver et voyager. Et d'une certaine manière, merci d'avoir orienté ma vie vers le monde merveilleux de l'histoire et de ses mystères.

Patrick Weber

Paris, 23 janvier 2010

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30 janvier 2010

L'hommage de Frédéric Bury

A priori, les lecteurs des albums de Jacques Martin ne connaissent pas  le docteur  Frédéric Bury. Mais il fût un ami très proche du Maître, avec qui il  partit en Egypte. Il a également aidé Jacques Martin a écrire la Momie Bleue en lui fournissant de la documentation et de judicieux conseils.

Il a voulu rendre un dernier hommage à Jacques Martin, sensible et émouvant.

Monsieur Martin et Cher Maître,

Je vous remercie pour tout. Tout ce que vous avez apporté dans ma vie. Les histoires. Les images. Les moments. Les voyages. Pour toutes ces choses qui furent tellement belles à vivre, de tout cœur grand merci.

Je n’ai finalement qu’un regret à exprimer, c’est de n’être pas venu à vous plus tôt dans ma vie. Car longtemps je vous ai cru inaccessible et intouchable, comme bien d’autres auteurs qui s’enferment si vite dans la tour d’ivoire de leur orgueil démesuré. Pourtant il n’en était rien de vous qui étiez toujours prêt à rencontrer vos lecteurs, quels qu’ils soient. Et à leur parler, parfois même des heures durant, jusqu’à ce que l’amitié s’en vienne. Et même si votre fort caractère et votre immense personnalité en divisaient parfois certains, ils étaient pourtant les essences nécessaires à l’expression de votre énergie créatrice.

Cette énergie qui faisait briller vos yeux de toujours plus d’idées, de rêves et d’aventures, comme les miens brillent ce soir de vide, de tristesse et de solitude en vous écrivant ce dernier mot. Mais si nul n’est ici éternel, si la pendule du salon aura toujours raison, chacun de nous marquera toujours ce monde de son empreinte personnelle. Et quelle empreinte de géant vous nous avez laissé.

Ainsi, un beau soir de printemps, deux rêveurs assis sur la rive des vivants, au bord du Nil éternel, contemplaient la beauté millénaire du dieu Râ se mourant lentement derrière la chaine Libyenne. Nous discutions d’une certaine momie lorsque je vous exprimais un moment mon constant étonnement face à la qualité et à l’ampleur de toute votre œuvre. « Je suis l’oiseau rare du neuvième art » me disiez-vous alors.

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Et à juste titre car c’est quasi toujours solitaire et indépendant que vous avez acquis la maîtrise absolue des différents domaines de la création d’une histoire en bandes dessinées. De l’idée lumineuse de départ jusqu’à son final aboutissement en album magnifique.

Si tous les médecins du monde voulaient se donner la main, peut-être que les malades d’ hier seraient guéris demain. Un rêve… Mais il faut rappeler aussi que vous avez vécu plus de 88 ans. Des années d’une incroyable vie si riche et passionnante. A voyager, écrire, lire, dessiner et surtout à créer. Pour nous faire rêver tous à chaque fois un peu plus en nous léguant tous ces albums élégants. Une réalité…

L’oiseau rare s’est donc finalement envolé vers la Vallée des Rois.

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Mais en relisant ce matin ‘La tour de Babel’ j’ai compris que vous n’étiez jamais vraiment parti. Car Alix et Lefranc, héros de papier immortels, ont toujours été vous-même à part entière, dans toutes leurs multiples aventures entre rêve et réalité. Ils furent ainsi pour moi des modèles à suivre à une époque ou l’image d’un juste père faisait tristement défaut. Et ils le sont toujours.

En fait je ne suis pas seul. Nous ne le sommes pas. Ni moi ni les légions d’autres lecteurs. Car vous êtes toujours là avec nous. Dans tous ces albums passionnants qu’il nous suffit simplement d’ouvrir et de relire pour enfin vous retrouver, cher Maître. En rêve. Et en réalité.

A bientôt Monsieur Martin.

Et encore merci. 

Frédéric Bury

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Frédéric Bury dessiné par Francis Carin dans la momie bleue

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La momie bleue par Francis Carin.

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29 janvier 2010

L'hommage de Marco Venanzi

"Ma première rencontre avec Jacques Martin date d’il y a une bonne trentaine d’années, comme pour beaucoup d’enfants j’ai été un de ces nombreux gamins qui n’ont pas pu détacher leurs yeux d’un album à tranche toilée rouge portant en guise de titre générique « LES AVENTURES D’ALIX ». Quel avide lecteur n’ai-je pas été ! Le jeune amateur de bandes dessinées que je fus a découvert qu’il n’y avait pas que les méchants qui mourraient, qu’un héros pouvait avoir des faiblesses et, avec un certain émoi, que des femmes pouvaient tenir une place dans les publications destinées à la jeunesse de l’époque!… Un jour moi aussi je serai dessinateur de bandes dessinées !...

Quelques années plus tard, encore étudiant ce fut ma deuxième rencontre… Fraîchement rompu aux techniques de la narration et du dessin c’est en connaisseur que j’ai redécouvert la qualité du travail de Jacques Martin, la précision de ses dessins, la justesse des proportions et la maitrise des perspectives. A cette époque il fut le seul à me mettre durement en garde contre les difficultés du métier que je souhaitais embrasser.

Enfin, il y a peu, j’ai découvert en intégrant son entourage professionnel, une personne prête à accorder sa confiance aux auteurs dont il reconnaissait le travail. C’était aussi un homme de caractère ! Parfois exigeant à l’extrême. Passionné par le dessin, il subissait comme une punition la maladie qui lui rongeait la vue le privant de rectifier d’un coup de crayon une maladresse de l’un ou de l’autre. En quête permanente d’excellence, il était tel avec lui même qu’il l’était avec nous.

Une personnalité du 9° art nous à quitté."

Marco Venanzi

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Pour le plaisir des yeux, voici un détail d'une planche du Prince du Nil.

Car non seulement d'avoir été un grand scénariste, Jacques Martin était un grand dessinateur.

Merci , Maître, pour le rêve donné aux lectures de vos albums, rêve qui va se poursuivre car Alix, Lefranc, Jhen, Orion, Loïs vont continuer à vivre de nouvelles aventures, et ça , c'est magique!

Stéphane Jacquet.

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28 janvier 2010

Hommage d'Yves Plateau sur France 3

En guise d'hommage, Yves Plateau m'a envoyé ce lien :

http://www.france3.fr/common/playerVideo.php

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L'hommage de Gilbert Bouchard

"C'était fin juin 1967. j'étais assis, en short, adossé au mur de l'Ecole du Village à St Priest. En cette fin d'année scolaire (CM2), l'instituteur, monsieur Ganlut, nous avait autorisé à apporter des livres ou des jeux pour nous occuper les quelques jours précédents les grandes vacances. J'avais trouvé ce gros recueil du journal Tintin n° 56 qu'on m'avait offert alors que j'étais au CP et trop jeune, à l'époque,  pour m'y intéressé. Il y avait les premières pages des Légions perdues et l'odeur de l'encre et du papier qui permettait à l'odorat de se joindre à la vue et au toucher afin de donner ... plus de sens à la lecture.
C'est la lecture de ce recueil qui allait me faire basculer dans le monde de la bande dessinée dont je n'ai toujours pas trouvé la sortie."

Gilbert Bouchard

Gilbert dedicacera en la cathédrale d'Angoulême les jeudi 28 et vendredi 29 janvier de 14h à 16h.

Gilbert Bouchard, texte 2



Fin juin 1967. Je termine mon CM2 à l'école du Village de Saint-Priest dans le Rhône. L'instituteur, monsieur Ganlut, nous a autorisé à  apporter des jeux ou des livres pour passer agréablement les derniers jours de cette année scolaire.

Qu'est-ce que je pourrais bien prendre qui puisse m'occuper durant ces longues heures. Il y a bien ce gros bouquin qu'on m'avait acheté quand j'étais au CP, époque où j'étais encore trop jeune pour en apprécier le contenu.

Ce gros bouquin, c'est le recueil Tintin n° 56 qui comporte les numéros de l'hebdomadaire allant du 29 novembre 1962 au 4 avril 1963.

Je le glisse dans mon cartable en cuir et l'emporte à l'école. Il fait beau. Je m'adosse au mur de l'école et le pose sur mes jambes formant un pupitre de fortune.

J'ouvre la première page. Tous mes sens s'éveillent. Le toucher pour le papier et la grosse couverture cartonnée, la vue pour les pages en quadrichromie ou en bi-couleurs, l'odorat pour l'odeur de l'encre et du papier, l'ouïe pour tous ces personnages parlant de par les bulles.

Et voilà  que je penche au-dessus de l'album, que je me penche jusqu'à en perdre l'équilibre. C'est ainsi que je tombe dans cet univers de la bande dessinée dont je n'ai plus jamais retrouvé la sortie depuis.

Le côté  extraordinaire de ces recueils d'hebdomadaires, c'est qu'on ne lit les grandes aventures que deux pages par deux pages. Entretemps, on dévore toutes les autres histoires qui y sont intercalées. Cela donne un temps de lecture encore plus long à ces grandes aventures car il n'était pas question de sauter les récits intermédiaires.

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Parmi ces grandes    aventures, il y avait Alix et « Les  Légions perdues ». Comme souvent,  c'est la première histoire d'une série  que l'on découvre qui restera, dans  notre esprit, comme la meilleure  de l'auteur.

Après  être entré au  collège, je me mets à acheter des  cahiers de dessins que je transforme en  une revue de bandes dessinées.  Modestement, je l'appelais « Le  Bouchardien », vu que j'y étais le seul  auteur, la syllabe « ien » rappelant,  évidemment, la terminaison de  « Tintin ». Je crée mes séries, rajoute  des pages de jeux, des pages sur le  sport. Je passe des heures à les colorier  aux crayons de couleurs.

Bien entendu, je n'ai  aucune ambition de devenir un auteur  de bandes dessinées n'étant pas  très doué en dessin. Mais j'aimais  bien inventer des histoires avec des  héros différents que l'on retrouverait  dans chaque autre cahier de dessins qui  devenait Le Bouchardien n°1  puis 2 puis 3, etc. Mes copains lisent  mes histoires. J'essaye de  convaincre des copains de faire aussi  des bandes dessinées. On se  réunie autour de la table de la salle à  manger pour dessiner. Certains  sont meilleurs que moi mais ne voient  pas l'intérêt de passer son temps à  dessiner.

Au lycée, je continue. Je m'inscris, ensuite, en fac d'Histoire. Un copain à  St Priest, Lionel Garcia, qui a un an de moins que moi, parvient à  faire publier son tout premier projet par les éditions Glénat à  Grenoble. Très fort en dessin, il me donne pas mal de conseils qui me font progresser. Je l'accompagne, dès lors, souvent à Grenoble lors des la livraison de ses pages.

Les éditions Glénat finissent par me publier un premier album qui paraît en 1981 alors que je suis en maîtrise d'Histoire.

En 1986, La Caisse d'Épargne de Chambéry, partenaire du Salon de bandes dessinée de Chambéry, me publie une Histoire de Chambéry en bandes dessinées. C'est mon premier album en couleurs. En janvier 1987, je l'emporte avec fierté au Salon d'Angoulême. Je me dirige vers le stand de Jacques Martin pour le lui faire voir sachant qu'il travaille avec plusieurs collaborateurs. Je m'imagine qu'il va s'emparer de mon ouvrage et me demander immédiatement si je veux travailler avec lui d'autant plus que l'antiquité est mon sujet de prédilection. Mais il me dit simplement et gentiment « C'est bien, continuez! ».

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En décembre 2000, je dédicace « Croco et Fastefoude » au stand Casterman du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil. A ma gauche, Christophe Simon, un des collaborateurs de Jacques Martin et Jacques Martin, lui-même à sa gauche.

Organisant un petit Salon de bandes dessinées à La Verpillière à  côté de chez moi, je demande à Christophe Simon s'il accepterait de venir n'osant pas poser cette question à Jacques Martin. Mais Christophe Simon recule au fond de ce siège pour s'effacer entre moi et l'auteur d'Alix. Celui-ci distrait par ce mouvement se tourne dans ma direction en me demandant ce que je voulais. Surpris, je lui bredouille mon invitation pour mon Salon se déroulant en mars et, à ma grande surprise, il accepte demandant simplement que ce soit pour mars 2002, mars 2001 étant déjà complet au niveau de son planning.

Pour le 7ème salon de la Bande Dessinée du Nord-Isère, ce sera donc Jacques Martin, notre invité d'honneur. On fait imprimer de belles affiches en couleurs. Tout est prêt quand il nous annonce son impossibilité de venir suite à un mouvement de grève des trains en Belgique.

On se retrouve dans une situation kafkaïenne. Aucun train ne part de Belgique mais la SNCF nous assure que tous les trains arrivent en France!

Heureusement, les grèves en Belgique sont bien organisées. Celle-ci est programmée du jeudi 22 heures au vendredi 22 heures.

La fille de Jacques Martin me rappelle. Très aimable, elle me propose de prendre les affaires en main. Elle va prendre des billets pour la veille de la grève. Jacques Martin et son épouse parviennent, ainsi, à partir le jeudi avant 22 heures.

Arrivant à  La Verpillière avec 24 heures d'avance, je ne peux pas laisser Jacques Martin toute une journée enfermé dans son hôtel. Je l'emmène donc avec son épouse au musée de St Romain-en-Gal dédié à la Vienne antique. On y passe l'après-midi à discuter l'époque romaine. Il est ravi de cette visite et me confie qu'il ne savait pas qu'il y avait autant de vestiges à Vienne et qu'il faudrait qu'il y fasse venir Alix dans une prochaine aventure.

On entre dans la boutique du musée. Patricia Brun, qui anime cette boutique avec dynamisme, reconnaît Jacques Martin, échange quelques mots avec lui, prend ses coordonnées. Cette rencontre impromptue débouchera sur une exposition présentant les planches de l'album d'Alix, « La chute d'Icare ».

Le lendemain, lors de l'ouverture de notre Salon, habitant à St Quentin-Fallavier, je ne peux pas me permettre de passer sous silence une des étymologies de « Fallavier ».

On prétend, en effet, que « Fallavier » viendrait de « Fala Via », la « fausse route » en latin. Ce nom aurait été attribué à ce lieu suite à la mésaventure d'une légion romaine partie de Vienne pour se rendre à « Bergusia » (Bourgoin-Jallieu )  se serait perdant dans les marais locaux après avoir pris cette « fausse route ».

Je pus ainsi démontrer que l'on venait enfin de retrouver  ...les Légions Perdues.

Quelques mois plus tard, les éditions Casterman m'apprenaient que Jacques Martin était intéressé pour que je collabore à sa collection des « Voyages d'Alix ».

« Les Voyages d'Alix à Lugdunum » vient de sortir en novembre 2009. « Les Voyages d'Alix à Vienne » sortira d'ici quelques mois. Une exposition présentera alors ces planches au musée de St Romain-en-Gal là où l'idée d'une collaboration germa dans l'esprit de Jacques martin.

La boucle est donc bouclée comme on dit.

La prophétie de Jacques Martin prononcée 20 ans plus tôt, « c'est bien, continuez » aura porté ses fruits...

Gilbert Bouchard

7 janvier 2010

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27 janvier 2010

L'hommage de Numa Sadoul

J'ai demandé à Numa Sadoul (entretiens avec Hergé, Franquin...), de nous parler de son ami Jacques Martin. Numa a en effet prêté son nom et son physique au personnage de Numa Sadulus, le célèbre espion de Pompée .

Numa Sadulus est l'un des personnage principaux de l'enfant Grec et de la chute d'Icare.

Facétie de Jacques Martin (?), c'est dans la chute d'Icare que revient Arbacès...mais je vous laisse le soin de lire le témoignage de Numa Sadoul...

numa

"Je l'ai connu au moment de mes entretiens avec Hergé, en 1971 , car il travaillait aux studios de l'avenue Louise.
Je l'ai d'abord trouvé antipathique ; il pouvait l'être en effet, mais en discutant avec lui nous avons sympathisé. Il aimait mon côté latin, mon physique d'éphèbe mythologique, mes origines italiennes, mon nom dérivé du latin (Sadoul = Satulus = Soûl) et mon prénom de roi de Rome. La première fois qu'il m'a invité à dîner, c'était à l'Auberge du Chevalier à Berseel, près du mythique château où "Bob et Bobette" m'ont tant fait rêver.
J'étais jeune, j'aimais "Alix", nous avions plein de goûts en commun : nous sommes devenus amis assidus. J'ai fréquenté sa maison, suis devenu intime avec sa femme Monique et ses deux enfants. J'allais souvent passer des week-ends avec eux dans leur maison de campagne de Bousval, non loin de celle de Hergé.
Quand il a su que Paul Cuvelier souhaitait me faire poser pour lui, il m'a demandé la même chose. Comme je venais de lui suggérer l'aventure de "L'Enfant grec" dans ses grandes lignes, il m'a dit qu'il allait faire de moi un personnage de la saga ; un personnage "ambigu", comme je l'étais à ses yeux, pas vraiment un ennemi mais pas un ami non plus. Finalement, je n'ai posé ni pour Cuvelier ni pour lui, mais je lui encoyé des photos à partir desquelles il a bâti le portrait de Numa Sadulus. Il n'était pas un grand portraitiste et je dois dire qu'il ne m'a pas bien "croqué"...
Par la suite, nos relations se sont maintenues à un haut niveau : visites, repas, week-ends, correspondance, etc.
Lorsqu'il m'a fait part d'un projet de scénario (en 1975) où il allait ressusciter le "méchant" Arbacés qu'il avait tué précédemment, résurrection probablement liée à des considérations commerciales, je lui ai fignolé un courrier pas piqué des vers où j'expliquais, en gros, qu'une oeuvre comme la sienne ne souffrait pas des concessions de ce genre. Il a su tirer parti de mon conseil, et oubliant son idée de faire revenir Arbacés, il m'a gratifié de ce dessin exclusif .

dessin_inedit_Jacques_Martin

J'ai plein de choses à dire de et sur Jacques Martin, mais c'est toujours par rapport à moi, à nos relations privilégiées. Et comme cela tourne un peu trop à l'exercice narcissique, j'arrête ici ce petit texte en hommage à un ami disparu. "

Numa Sadoul

Posté par stephane jacquet à 18:54 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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