En 1977, les éditions Michel Deligne publient le premier album de Jean Pleyers, "Les enragés de la peste blanche".

J'ai demandé à Jean Pleyers de nous parler de ce livre, où, pour la première fois, les lecteurs ont découvert Xan-Jhen. En effet, au dos de l'album, est imprimé la planche 14 de "L'empire des ténèbres", qui allait devenir "L'or de la mort", première aventure de Xan-Jhen.

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Jean Pleyers: " Les enragés de la peste blanche" ( au masculin, bd macho car très hispanique, et réalisée sous Franco ) est presqu'entièrement autobiogaphique. J'avais créé un petit casino bourré de monnaie factice de monopoly chez de riches amies espagoles qui s'ennuyaient entre Marbella, Nerja et Torremolinos où j'organisais aussi des soirées de spiritisme juste avant que la maffia russe ne vienne racheter la moitié de cette petite cité balnéaire et bien avant leur colonisation occidentale juste après l'écroulement du mur de Berlin en 1989. Il fut temps d'arrêter mes surprenantes activités ésotériques juste avant l'arrivée de la " guardia civile " qui commençait à s'intéresser à ma mystérieuse notoriété locale grandissante. Etais-je un nouveau Gurdjeff belge? ou , pire, un autre  Crowley ? Allais-je créer une quelconque secte subversive ? Que nenni!

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Jean Pleyers en 1977 , quand il commence à dessiner Xan

En réalité,  j'avais été invité par un aventurier de ma capitale du nord et ressemblant à Frank Sinatre pour peindre en noir " Zézette", prénom de sa petite amie de150 kg, sur la coque d'une dizaine de moteurs hors-bord avec lesquels leur malheureux propriétaire , qui entretenait à ses frais une grande équipe d'autres aventuriers , attendait indéfiniment les autorisations administratives espagnoles et espérait inaugurer un commerce sportif  de ski nautique au large de Torremolinos. Cet album fort biographique donc fut réalisé sur papier Kromkote ( carte à gratter  et papier fort servant de couverture  de livre) et appuyé sur des boîtes de balles de tennis parallélipédiques en attendant mes nombreux partenaires en de grands clubs de tennis Bruxellois, où je campais littéralement de 1968 à 1987.  Cette histoire est une sorte de satyre sociale surréaliste poétique et comique qui a bien surpris mon ex-ami feu Moebius qui l'a lu une nuit chez une amie Bruxelloise.  Guy, l'héritier alcoolo, Paolo Godinus, le philo de mes deux, et les moultes jolies filles ont réellement existé !

Peu de temps après, Paul Cuvelier  mourrait à 47 ans .Je viens de terminer un dessin pour sa rétrospective de Mons 2015 , (Exposition à Lens 18- 27 septembre 2015). Suite à son décès, et comme il me le conseillait depuis longtemps, j'allai sonner à la porte du magasin de ski et bateaux " Marinor " de Jacques Martin, son ami de longue date ( 1978 )à la place Flagey Ixelles : Ce fut les débuts de XAN dans TINTIN ...

 Dès que j'ai vu Martin j'ai cru en lui. J'étais fou de joie, et en effet,  ma vrai vie d'auteur de bd allait vraiment  commencer !"

Numériser 11