Vive_Lefranc

photo J.-J. Procureur

Je vous remercie pour vos compliments, qui me vont droit au coeur... Le soutien dont j'ai bénéficié  sur ce blog et sur les forums – en particulier celui de Raymond -  m'ont été très précieux et m'ont aidé, les nuits de doute et de solitude face au clavier, à maintenir le cap... 

Ce prix est un grand honneur que je tiens à partager avec Régric. Cette histoire, nous l'avons faite en équipe, depuis les premiers repérages et les discussions dans le café à côté du carreau de la mine, là où l'on retrouve l'inspecteur Renard... Le réalisme avec lequel il a minutieusement représenté les décors, l'ambiance qu'il a reconstituée avec art et surtout l'humanité qu'il a insufflée aux personnages m'ont inspiré pour la rédaction du scénario, qui a peu à peu pris un ton plus profond au fur et à mesure que je découvrais ses dessins... 

Cet honneur, je le partage aussi avec mon filleul Pierre Stevenart ; c'est à lui que revient l'idée de départ d'écrire une aventure de Lefranc sur fond de catastrophe minière. Il m'a aidé tout au long de la rédaction de ce scénario, comme il l'avait déjà fait, à l'âge de 17 ans,  pour le Maître de l'Atome. C'est aussi une victoire que je partage avec mon ami Didier Mouton, alias "Camille Rigebert" (qui figure en ami de Lefranc dans le Maître de l'Atome). C'est lui qui me documente, qui relit, qui conseille, qui partage son enthousiasme comme son savoir...


Mais, bien sûr, ce prix, c'est avant tout une nouvelle victoire de Jacques Martin, notre Maître ! Nous marchons dans son sillage et ce prix prouve que son univers est toujours bien vivant !

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, mon principal mérite a été de lire et relire attentivement  les albums de Jacques Martin ! Depuis 5 ans, je vis avec ses albums ouverts, étalés tout autour de moi… Et, depuis que j’ai lu les premiers albums quand j’étais tout enfant, je ne m’en lasse pas et j’essaye aujourd’hui de comprendre au mieux et d’assimiler son style de narration… Jacques Martin est considéré comme un grand auteur classique, mais ce n’est pas ce que je ressens, je trouve cela trop réducteur… Il est un grand auteur ! Pas besoin du mot « classique » ! Il a apporté à la BD une dimension qu’elle n’avait pas, il lui a apporté l’intensité dramatique ! La force ! L’ampleur !  Les sentiments complexes ! Avec un sens nouveau de la mise en scène et une redoutable fluidité narrative…

Je remercie ceux qui m’ont fait confiance pour que je puisse ajouter une pierre à l’édifice - et même trois pierres, en fait ! Assurer la continuité d’un univers aussi riche et foisonnant que celui de Jacques Martin  doit être une une tâche bien délicate et il est fatal qu’il y ait parfois des avis divergents, entre auteurs et responsables… (Regardez sur les forums où l’on discute des reprises des séries classiques : chaque lecteur a son idée particulière sur ce qu’il conviendrait de faire !) Je remercie les membres du Comité de lecture pour avoir cru dès le départ dans ce projet : Frédérique Martin, Bruno Martin – qui m’a aussi fait de judicieuses suggestions que j’ai intégrées  dans mon récit – Arnaud de la Croix et Jimmy van den Hautte, le Directeur de collection – qui soutient mes projets depuis Le Maître de l’Atome… Et je remercie aussi les éditions Casterman, c’est grâce à eux qu’une histoire devient ce bel objet qu’est un livre…

Reprendre des séries classiques, c’est une entreprise qui est souvent soumise au feu de la critique de la presse BD ou même des lecteurs… Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup de prix récompensant un album de reprise…  Je suis d’autant plus satisfait de pouvoir ramener ce trophée à tous ceux qui gèrent la continuité de l’univers de Jacques Martin : c’est non seulement un hommage au grand créateur, mais c’est aussi la preuve que son œuvre peut être continuée avec respect, sans être galvaudée ou dénaturée…

Je remercie aussi tous ceux qui nous ont aidé dans la réalisation de cet album : mon ami Jean-Marc Segati, qui apporte conseils et idées, Bertrand Coq, pour les traductions en Ch’ti, Antonio Vicente, qui nous a guidé dans le charbonnage de Blégny et nous a raconté ses souvenirs, Laurence Stévenart, qui dactylographie patiemment le travail, les membres du forum Ch’ti, qui nous ont fait partager leurs souvenirs et anecdotes…

Pour moi, l’aventure a commencé  quand, en avril 2005, j’ai reçu un appel téléphonique d’André  Taymans, qui m’a demandé si je n’avais pas des idées de scénarios pour des aventures de Lefranc dans les années 50…  Je n’en avais pas, mais j’ai répondu « euh !... oui, bien sûr », en me disant qu’il m’en viendrait bien une…  Je le remercie non seulement pour cet appel « historique », mais aussi pour avoir le courage d’envisager une nouvelle collaboration avec moi !

Merci à tous ! Longue vie à Guy Lefranc ! Longue vie à Axel Borg ! Longue vie à Jeanjean ! Longue vie à l’univers de Jacques Martin !

Michel Jacquemart.